L'exemple ci-dessus propose 2 gammes de Ré dorien, et deux gammes de Ré aéolien.
On voit qu'elles passent toutes les deux avec le même bonheur sur le même accord.
La gamme dorienne est une gamme mineure classique en ce qu'elle comporte une tierce mineure (donc à 1 ton et demi de la tonique). Elle est différenciée de la gamme aéolienne (pure modale) par la
présence d'une 6eme naturelle (cette 6eme est bémol dans la gamme aéolienne). Donc, et pour récapituler, si l'on monte la gamme note par note (exemple en ré):
Dorienne: D.E.F.G.A.B.C
Aéolienne: D.E.F.G.A.Bb.C
Seul le B varie d'une gamme à l'autre. Il apparaît que la gamme de D dorien est composée des mêmes notes que la gamme de C ionnien. Nous pouvons donc en déduire sans trop de risques
qu'un gamme dorienne est en fait le 2nd degrés d'une gamme ionnienne (alors que la gamme pure modale en est le 6e degré).
La gamme dorienne s'emploiera donc avant tout sur un II-7 (attention toutefois, dans le cadre d'un II-7/ V7/ IM7, d'autres gammes, plus complexes peuvent être utilisées).
La gamme dorienne, issue de la musique modale du moyen âge et remise au goût du jour par le jazz modal, a un caractère plus solennel et moins triste que la gamme mineur naturelle. Elle est
d'ailleurs considérée par beaucoup comme la véritable gamme mineure.
C'est Miles Davis qui lui rend, O combien magistralement !, ses lettres de noblesse, dans le célèbre So What, sur l'album Kind of Blue.